GreenIT.fr : Impacts du numérique en France et dans le Monde

GreenIT.fr fédère les acteurs du Green IT, du numérique responsable et de la sobriété numérique depuis 2004. Avec le soutien d’autres experts, GreenIT.fr a publié en 2019 et 2020 deux études de référence portant sur l’évalution environnementale du numérique à l’échelle du territoire français et au niveau mondial :

Le LCIE Bureau Veritas vous invite à découvrier les principales conclusions de ces études.

Empreinte du numérique mondial en 2019

A l’échelle planétaire, le numérique est constitué de 34 milliards d’équipements pour 4,1 milliards d’utilisateurs. La masse de cet univers numérique atteint 223 millions de tonnes, soit l’équivalent de 179 millions de voitures (5 fois le parc automobile français).

Les impacts environnementaux se caractérisent principalement par la contribution du numérique à l’épuisement des ressources abiotiques et au réchauffement climatique, à des tensions sur l’eau douce, et à diverses formes d’agressions des écosystèmes (eutrophisation, acidification, pollutions diverses) qui contribuent à la régression écologique en cours.

Ces impacts ont essentiellement lieu lors de la fabrication des équipements présents chez les utilisateurs – TV connectés, ordinateurs, smartphones, box, etc. – qui concentrent de 59 % à 84 % des impacts.

En 2019, la hiérarchie des sources d’impacts est la suivante, par ordre décroissant d’importance :

  • Fabrication des équipements utilisateurs (30 à 76 % des impacts) ;
  • Consommation électrique des équipements utilisateurs (1 à 29 % des impacts) ;
  • Consommation électrique du réseau (1 à 21 % des impacts) ;
  • Fabrication des équipements réseau (2 à 16 % des impacts) ;
  • Consommation électrique des centres informatiques (1 à 16 % des impacts) ;
  • Fabrication des équipements hébergés par les centres informatiques (1 à 8 % des impacts).
Evolution de 2010 à 2025

Alors que les ordinateurs, imprimantes et autres objets numériques usuels constituaient la principale source d’impacts avant 2015, un basculement s’opère et accélère jusqu’en 2025, avec principalement 3 nouvelles sources d’impacts :

  • Les télévisions : 5 à 15 % des impacts en 2010 contre 9 % à 26 % en 2025 ;
  • Les smartphones : 2 % à 6 % des impacts en 2010 contre 4 % à 16 % en 2025 ;
  • Les objets connectés : 1 % des impacts en 2020 contre 18 % à 23 % en 2025.

En dehors de la croissance du nombre d’utilisateurs, l’augmentation des impacts environnementaux du numérique mondial est principalement due :

  • Aux objets connectés dont le nombre sera multiplié par 48 entre 2010 et 2025 ;
  • Au doublement de la taille des écrans (télévisions notamment) entre 2010 et 2025 ;
  • A un tassement des gains en matière d’efficience énergétique.
Des solutions simples et efficaces

Dans ce contexte, quelques mesures simples permettraient de réduire considérablement l’empreinte environnementale du numérique mondial à l’horizon 2025. Parmi ces solutions :

  • Réduire le nombre d’objets connectés en favorisant leur mutualisation et leur substitution et en ouvrant leurs APIs pour allonger leur durée de vie.
  • Réduire le nombre d’écrans plats en les remplaçant par d’autres dispositifs d’affichage – lunettes de réalité virtuelle, vidéo projecteurs LED, etc. – et en les mutualisant avec les écrans existants (smartphones, ordinateurs, etc.).
  • Augmenter la durée de vie des équipements en allongeant la durée de garantie légale, en favorisant le réemploi, et en luttant contre certains modèles économiques à l’impact délétère (opération du type « smartphone à 1 euros contre réengagement).
  • Réduire les besoins des services numériques via leur écoconception

Les pouvoirs publics peuvent agir, via des actions simples telles que :

  • Obliger les fabricants d’objets connectés à ouvrir leurs APIs
  • Rendre obligatoire la distinction entre mise à jour logicielle corrective et évolutive
  • Consigner les EEE afin d’augmenter le taux de collecte des EEE à réemployer et des DEEE à recycler
  • Interdire des offres de réengagement contre des équipements à « 1 euros »
  • Créer une directive « réemploi » pour compléter la directive « WEEE » et ainsi articuler efficacement les filières réemploi et déchets tout en incitant les principaux gisements (grandes organisations) à privilégier le réemploi.